Le collectif 1001 s’invite à la résidence de la Grossmatt pour un projet artistique « La partie et le tout ». Véronique Moser, qui anime depuis de nombreuses années des ateliers à la Résidence de la Grossmatt et aux ateliers du FAS de Duttlenheim, accompagnée pour l’occasion de son équipière Corine Kleck, partagent leur travail d’artistes plasticiennes.

C’est dans le cadre d’un appel à projet associant structures médico-sociales et artistes que « La partie et le tout » a pu être financé. L’Agence Régionale de Santé et la Direction Régionale des Affaires Culturelles ont retenu le projet.

Petite présentation du collectif 1001 par les artistes

« Dans la langue française « 1001 » signifie beaucoup. A compter de ce nombre, on ne parle plus d’unité mais de quantité, l’indéterminé remplace le défini.

Il est d’usage de dire « avoir 1001 choses à faire », « le bonheur est fait de 1001 petits riens », « la vie n’est que poussière »…. Chacun sait qu’un grain de poussière est une chose insignifiante, mais que représentent réellement, matériellement, quantitativement 1001 grains de poussière ?

En juin 2005, nous entreprenons d’éprouver les limites quantitatives et qualitatives de cet étalon de mesure abstrait et variable.

Depuis nous comptons jusqu’à l’absurde…

Nous comptons tout, de toutes les manières, sous toutes les formes. Nous comptons les objets, les gestes, les faits. Plus écolières que comptables, le quotidien est notre terrain de jeu, l’ordinaire notre matériau. Nous traquons le « 1001 » sous toutes ses formes et dans tous ses possibles.

Tout devient prétexte à imaginer des déclinaisons variées qui empruntent à toutes les disciplines : dessin, cuisine, impression, installation, couture, objet, photographie, texte….

Notre dernière installation nous a fait rencontrer les Emmaüs de Mundo et découvrir les multiples catégories d’objets donnés à la vente. Le rayon jouet qui propose tant de jeux comportant de nombreuses petites pièces à assembler, pourrait faire partie de la collection 1001.

Les puzzles de 1000 pièces nous ont paru presque parfaits et nous ont donné l’idée de partager ce projet avec les résidents et le personnel de la Grossmatt.

Des puzzles, un peu, beaucoup, passionnément

Dans un premier temps des puzzles ont été collecté auprès des Emmaüs de Mundo, partenaire du projet. Des puzzles de tous niveaux, complets et … incomplets. Si d’ordinaire une pièce manquante signe la fin du jeu, le collectif 1001 décide du contraire.

L’intérêt du vide laissé par l’absence d’une pièce déplace la conception de la beauté par l’achèvement. Si la finalité de reproduire le modèle n’existe plus alors place à l’aléatoire et à l’invention. En clin d’œil à l’impossible perfection, les pièces comme résidus deviennent un «recyclage poétique du réel» (1)

Le puzzle envisagé sous son aspect symbolique et ludique

Les pièces des puzzles, fragments colorés de papiers sont notre «matière plastique» pour réfléchir, découvrir, comprendre et générer des milieux nouveaux.
Les deux artistes proposent de construire des environnements qui permettent de réfléchir « La Partie et le Tout » comme des outils artistiques pour penser le monde d’aujourd’hui et ouvrir le projet à des disciplines complémentaires (social, réseaux, écologie…)

Trames, rhizomes, ramifications se déploient et introduisent les notions de réseau, de lien, de connexion. Création d’un système de pensée et de représentation qui tout en convoquant la cartographie est aussi une manière de penser un espace matériel et immatériel: espace fluctuant et nomade, qui sollicite notre imaginaire. Délaissant l’espace de la table ou du plateau de jeu, il pourrait bien investir le sol ou les murs.

Ici l’incertitude et l’intervention du hasard sont envisagés comme des éléments positifs favorisant l’aléa et l’inattendu comme alliés de pratiques plastiques.

A raison d’une séance par mois, déclinant chacune une thématique et une pratique spécifique, des propositions prennent forme. « Picto-puzzles et poésie », puzzles bijoux, pièces rapportées, réparées, inventées, imprimées. Chaque atelier est un prétexte à expérimenter, à se laisser surprendre et partager des expériences singulières.

Une présentation à la rentrée dans les couloirs de la Résidence

L’aspect du « faire », de vivre le projet parait plus important que l’objet final. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y aura pas de production. S’éloignant de la notion de réussite, d’esthétique, de décoratif, les actions réalisées témoignent d’une puissante d’inventivité et d’une joyeuse énergie à assembler (rassembler) l’hétérogène et s’approprier les possibles. Au delà de l’action plastique, les relations humaines sont privilégiées.

Les différents groupes de vie de la Résidence se sont rassemblés et retrouvés autour d’un projet commun. Une restitution aura lieu courant septembre 2022. Différentes formes plastiques seront visibles au sein de la Résidence. Œuvres originales, photographies, installation, sculpture retraceront ces moments de création, de plaisir et de partage.